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Mieux gérer les pleurs de bébé

Bébé bercé

En France, on dénombre 180 à 200 cas de bébés secoués chaque année. Dans la majorité des cas, les pleurs excessifs ou persistants en sont la cause. Chez le bébé, pleurer est une forme d'expression. Le secouer pour le faire taire s'apparente à un acte de maltraitance qui peut s'accompagner de lésions cérébrales graves et parfois de décès. Un éditorial paru dans une revue de pédiatrie vient rappeler les mesures de prévention pour ne pas craquer quand bébé pleure.

Les bébés secoués, (en majorité des garçons), le sont avant 6 mois pour 2/3 d'entre eux en moyenne, comme le rappelle une étude parue récemment*. Un geste d'allure anodine qui s'apparente pourtant à un traumatisme crânien beaucoup plus grave que la chute de la table à langer.
En effet, le cou de l'enfant insuffisamment musclé ne peut maintenir la tête dans l'axe lors des secousses. Il faut savoir que  la tête de l'enfant représente 25 % du poids de son corps. Lors de ces mouvements d'aller-retour, le cerveau va percuter alternativement les parois internes du crâne entraînant au passage de multiples hémorragies cérébrales.

Un syndrome qui ne concerne pas simplement les pleurs de l'enfant que l'on essaye de stopper : le lancer en l'air ou lui faire faire l'avion pour jouer peuvent entraîner de telles lésions cérébrales.

Des séquelles graves

Outre le risque important de décès dans les heures ou jours qui suivent (10 % des enfants secoués), 50 % des enfants vont présenter des séquelles graves, durables à l'âge adulte parfois :

  • atteintes visuelles voire cécité définitive dans 20% des cas ;
  • hémiplégie ou tétraplégie une 1 fois sur 4 ;
  • retards psychomoteurs ;
  • épilepsie ;
  • troubles du comportement ou de la mémoire.

Pourquoi bébé pleure-t-il ?

Les pleurs sont un mode d'expression pour l'enfant qui va manifester sa douleur en cas de :

  • coliques ou de poussées dentaires;
  • s’il a soif ou faim;
  • d’inconfort (position inconfortable, froid, couches mouillées…);
  • d’angoisse nocturne ou tout simplement l'ennui.  

Mais il peut également pleurer 2 heures par jour sans raison. Comprendre les raisons de ses pleurs et y remédier permet déjà d'éviter ou de calmer les pleurs de bébé… et le stress chez les parents ou la nourrice !

Des mesures simples de prévention

Les parents inexpérimentés, âgés d’environ 30 ans, qui travaillent le plus souvent, stressés ou fatigués et qui vivent en couple sont les plus concernés par le syndrome du bébé secoué.

Quand bébé pleure et que vous avez tout essayé pour le calmer, plusieurs mesures de prévention permettent d'éviter le recours à ce geste malheureux : 

  • appelez un ami, un parent (grands-parents) afin d'avoir une aide ou un réconfort et d'évacuer votre anxiété ;
  • quittez la pièce et le cas échéant, n'hésitez pas à faire un tour dehors après avoir mis l'enfant en sécurité dans son lit, couché sur le dos ;
  • installez votre enfant dans un landau et faites une promenade ensemble. Les pleurs se calment souvent ainsi et l'enfant peut même trouver le sommeil ;
  • ne restez jamais seul avec bébé si ses pleurs vous stressent habituellement ou si vous ne savez pas gérer votre colère ou votre impuissance à le calmer: les statistiques montrent que les bébés secoués le sont par un parent souvent seul et donc plus vulnérable.

* Les Archives de pédiatrie, n° 19, janvier 2012

Pour en savoir plus :

Mis à jour le 24.04.2012